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23 août 2016
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Le bec Bunsen (ou le bec Meker, qui en dérive) permet de :
- manipuler en atmosphère relativement stérile, dans un rayon de 20 cm autour du bec,
- stériliser rapide d’objets contaminés (pipettes Pasteur, öses, cols de tubes et flacons...),
- fixer une lame,
- chauffer un réactif (dosage de l’urée, coloration de Gomori-Grocott...),
- chauffer un échantillon (recherche de phosphaturie...),
- fabriquer des pipettes Pasteur.

Sauf dans les pays développés possédant depuis longtemps un réseau de distribution, le gaz pour les faire fonctionner sont conditionnés en bouteilles sous pression. C’est soit du butane, soit du propane qui, dans un bec à gaz, peuvent être utilisés indifféremment. L’ajutage ou gicleur du bec doit être adapté au gaz utilisé : soit "gaz de ville [1]", soit propane-butane.
En pratique, dans les pays chauds, on ne trouve que du butane qui a une pression de stockage inférieure à celle du propane.

Il est conseillé de posséder 2 bouteilles pour éviter une rupture d’approvisionnement et il faut prévoir l’approvisionnement régulier en gaz mais les bouteilles de butane de 13 kg (de gaz) sont généralement largement disponibles car très utilisées.

Utilisation du bec Bunsen

1) Connecter le bec à la bouteille. Il faut :
- un détendeur à brancher sur la bouteille,
- un tube de raccord (généralement caoutchouc). Ce tube porte habituellement une date (année) : c’est celle où il devra être changé pour ne pas risquer de fuite.

2) Allumer le bec :
- fermer la virole de réglage d’air du bec,
- ouvrir le robinet de la bouteille puis le robinet du bec,
- présenter rapidement une flamme en haut du tube du bec : une flamme apparaît au sommet du tube. Cette flamme est jaune, silencieuse, parfois fuligineuse (fumée noire), molle et rabattue par le moindre souffle. Elle est dite "non chauffante".
- ouvrez progressivement la virole : la flamme devient de plus en plus bleue, voire presque pas visible, rigide, bruyante. Elle ressemble aux flammes des bruleurs d’une cuisinière bien réglée. Parfois l’ouverture complète de la virole éteint (souffle) la flamme. Si c’est le cas : fermer la virole, rallumer le bec et ouvrir la virole en s’arrêtant juste avant que ça ne souffle la flamme.

Si on allume le bec la virole étant ouverte, la flamme, au lieu de se former au sommet du tube, se formera dans le tube (le bec "brule en dedans"). Il deviendra rapidement brulant jusqu’à enflammer le tube d’alimentation en gaz.
Un bec qui brule en dedans fait souvent (mais pas toujours) un bruit inhabituel.

Précautions

L’utilisation d’une bouteille de gaz est dangereuse : voir les précautions ici.

L’utilisation d’un bec est dangereuse : risques d’incendie, explosions et brulures.
- ne jamais serrer le raccord du détendeur avec une pince : ceci écrase le joint qui, ensuite, ne sera plus étanche (NB : les vis des détendeurs de gaz tournent à gauche, c’est à dire à l’inverse du sens standard),
- ne pas poser le bec sur une table en bois : le poser sur une paillasse ininflammable,
- toujours fermer le robinet du bec lorsqu’on l’arrête temporairement : la veilleuse est dangereuse car le moindre vent l’éteint et du gaz se répand alors silencieusement dans la pièce... et explosera à la moindre étincelle (rappel : butane et propane sont plus lourds que l’air et ont donc tendance à s’accumuler sur le sol d’une pièce fermée... jusqu’à la catastrophe),
- toujours fermer la bouteille lorsqu’on ne doit plus utiliser le bec pendant plusieurs minutes : on n’est jamais sur de l’étanchéité du raccord du détendeur et du tube caoutchouc,
- ne jamais laisser de produits inflammables près du bec : éther, alcools, coton cardé... Et lorsqu’on ouvre une bouteille de produit inflammable toujours éteindre le bec : d’une part le réflexe d’un bactériologiste et de flamber le goulot de tout ce qu’il ouvre... ce qui est certainement à proscrire avec, par exemple, de l’alcool ! d’autre part, des vapeurs inflammables peuvent s’échapper et propager le feu dans la bouteille qui vous explosera dans les mains et à la figure !
- éviter au maximum de porter des gants prêt d’un bec : il peut les enflammer et provoquer de graves brulures des mains.

Bec Bunsen et Meker

Le bec Bunsen est composé d’un tube cylindrique : la cheminée. Le bec Meker a une cheminée conique (cf. photo). Cette cheminée est surmontée d’une grille de division de la flamme. Il en résulte que la flamme du Meker est beaucoup plus courte et plate (au lieu d’être pointue). Sa flamme est réputée plus chauffante que celle du Bunsen.
La flamme du Meker est beaucoup plus silencieuse que celle du Bunsen. C’est un avantage pour le silence du laboratoire, mais un inconvénient car on ne repère plus à son bruit un bec allumé donc plus de risque de brulures.
Le bec Meker consomme plus de gaz que le Bunsen.

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Bec Meker (cliquer)

Entretient

Il est très simple :
- une fois par mois, dévisser la cheminée après avoir déconnecté le tube de veilleuse,
- essuyez le gicleur pour en retirer la poussière,
- nettoyer la poussière dans la cheminée,
- si on utilise un Meker : enlever la poussière de la grille de division de la flamme (ou flambez là sur la flamme d’un autre bec).

Un bec, s’il ne reçoit pas de choc important, est pratiquement indestructible.


notes

[1Précédemment gaz "de houille", c’est essentiellement, de nos jours, du "gaz naturel" composé à 95% de méthane (CH4).

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