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>>Évaluation globale avant la mission

5 juillet 2007
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Niveau de mise à jour : 3

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Relecture / Mise sous Spip : 18/07/07. Y. Gille.

Avant la mise en place de la mission en elle même, il est indispensable de procéder auparavant à différentes évaluations, autant humaines que matérielles et pécuniaires. De la qualité de ces évaluations dépend la réussite du projet.

Nous en profitons pour rappeler que ce petit guide ne se conçoit que pour des projets basés sur le long terme en appui aux structures locales publiques, en s’appuyant si besoin sur différentes évolutions successives en cas de nécessité ou de demandes.

Une évaluation est envisagée après une demande ou une proposition d’acteurs locaux, son but étant de contrôler la réalité de la situation et de déterminer la faisabilité d’un projet, les modalités de l’aide à apporter ainsi que la pertinence de l’action et son avenir après le départ de la mission. Ne pas oublier qu’une bonne mission de développement doit s’inscrire dans un plan global national ou international, et que la survie d’un projet dépend des acteurs locaux du Ministère de la Santé. On comprend donc la nécessité de les inclure totalement dans le projet.

Une mission d’évaluation dure de une à quatre semaine suivant les conditions : renseignements précis, conditions d’accès, organisation générale et moyens financiers. Elle comporte 1 ou 2 personnes, connaissant de préférence le pays ou ayant l’habitude des missions de développement.

Préparation de l’évaluation en France :
- *Élaboration d’un budget.
- *Recherche de renseignements et de contacts sur le pays de la mission : ONG éventuellement présentes, coopérations nationales, organismes internationaux, coordinations des aides locales, programmes de développement mis en œuvre.
- *Prendre contact avec l’ambassade du pays afin de se renseigner sur les formalités de transfert éventuel de matériel, sur d’éventuelles taxes douanières ou d’exonération en cas de don, ou encore de permis de circuler. Ne pas hésiter à confronter les textes officiels avec les pratiques officieuses auprès des ONG sur le terrain (dédouanements surprises, frais de magasinage suite à des dédouanements interminables, "péages" sur la route).

Lors de cette étape, différents rendez-vous peuvent être pris avec les acteurs locaux à rencontrer lors de l’évaluation sur place.
Il est nécessaire de connaître au moins une personne sur place (le plus souvent un représentant d’une ONG ou d’une coopération nationale : se reporter à Sites Internet en rapport avec le développement ou la coopération et à Coordonnées de coopérations nationales ou internationales, ONG) qui pourra, en cas d’empêchement, sortir le matériel des douanes s’il arrive avec de l’avance ou du retard et qu’aucune personne du projet n’est présente le jour J.

Évaluation dans la capitale du pays :

Cette étape est surtout une étape de rencontres avec les officiels du pays :
- *Ministère de la Santé
- *Douanes et police.
- *ONG
- *Divers rendez-vous pris en France.

Ne pas oublier que seuls les documents officiels ont de la valeur (attention à certains transitaires locaux dont les documents ne sont que du vent...).

Évaluation dans la zone de la mission : on peut s’aider de la fiche d’évaluation au format excel ou Word (ne concerne que les structures de santé de petite taille)

Cette étape est une étape de collecte de données :
- *Démographiques : nature de la population (sédentaire, nomade, multi-ethnique,...), nombre de personnes concernées, tranches d’âge,
- *Géographiques : voies d’accès, isolement relatif (attention aux saisons)
- *Ressources : richesses, type d’agriculture, élevage, marchés ...
- *Sanitaires : habitat, hygiène, accès à l’eau, mortalité générale et infantile, endémies et épidémies, principales maladies.

Sur le système de santé :
- *infrastructures existantes (dispensaire, maternité, dépôt de MEG, éventuellement laboratoire)
- *état général des bâtiments et du matériel (procéder à un inventaire)
- *disponibilité en MEG (faire la liste), moyens de réapprovisionnement, tarifs, conservation.
- *système de gestion général (national - district - local), présence d’un comité de gestion villageois
- *existence de supervisions des responsables du district sanitaire (organisation, rythme, financements)
- *personnel de soin (infirmier, sage-femme, panseur, éventuellement médecin), niveau de formation, qualité des soins, motivation globale, mutations ou changement de personnel à court ou moyen terme, relations avec les autorités locales.
- *existence d’une tarification des actes médicaux, niveau d’implication de la collectivité, accessibilité réelle de la population aux soins médicaux, importance des médecines traditionnelles...
- *suivi réel des programmes nationaux : soins de santé primaires (SSP), programme élargi de vaccinations (PEV), programme materno-infantile (PMI), tuberculose, SIDA.

Cette étape évalue la motivation de la population, la pertinence et la faisabilité du projet :
La motivation de l’équipe soignante et même de la population locale est une composante primordiale de la réussite du projet. C’est pourquoi il est bon de mettre en place un projet après une demande locale. Un projet "parachuté" est très souvent voué à l’échec.
Il est nécessaire de prévoir tout d’abord une réunion avec toutes les autorités de l’aire de santé (médicales, policières, coutumières, religieuses) pour discuter des modalités d’une aide éventuelle et de leur implication dans le projet. Une réunion publique avec la population doit aussi être mise en place si possible.

La pertinence du projet répond à une question simple : "Existe-t-il un besoin dans le domaine de la biologie médicale ?" Toutes les données collectées ainsi que le sentiment personnel du ou des évaluateurs rentrent en jeu. La décision finale est généralement prise au retour après analyse des données.
La faisabilité du projet concerne le versant logistique local de la mission : transports, carburant, communication, législation locale, vie sur place pendant la mission, monnaie et change, achats possibles dans le pays (formol, Javel, acides, eau distillée, sérum physiologique...), sécurité éventuelle dans certains pays.
Ne pas oublier de se munir d’un appareil photographique, de préférence digital ou encore d’un caméscope afin de pouvoir rendre compte par des illustrations ou une présentation audiovisuelle de la situation réelle tant aux membres de l’association qu’à d’éventuels bailleurs

Compte-rendu de la mission d’évaluation :

Élaborer un rapport global reprenant tous les points évoqués et le présenter aux membres de l’association. Une version définitive discutée, corrigée et illustrée peut ensuite être présentée à d’éventuels bailleurs de fonds ou sponsors assurant tout ou partie du financement de la mission à venir.
La conclusion du rapport doit régler de façon définitive la question de la pertinence de l’action à mener.
Ne surtout pas hésiter à abandonner une mission reposant sur trop d’aléas (le taux de réussite à moyen terme d’une mission avec demande initiale locale et inclusion des structures mises en place dans le circuit du ministère de la santé du pays tourne aux alentours de 30 % !).

On peut ensuite élaborer un projet de mission.


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