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>>C02 : incubation sous CO2, jarre à C02.

3 août 2014
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Introduction

Cette fiche n’intéresse que ceux pouvant cultiver les bactéries.

Certaines bactéries (Neisseria "pathogènes", Haemophilus influenzae, streptocoques...) cultivent uniquement ou beaucoup mieux et plus vite dans une atmosphère contenant 3 à 5 % de CO2 et saturée d’humidité.
Ces deux conditions doivent impérativement être réalisées simultanément.

On les obtient très facilement, à coup sûr, et pour un prix dérisoire, dans une "jarre à CO2" dite "à bougie", ou plus couramment : "jarre à bougie".

Matériel et fabrication

Il faut trouver :
- une boite étanche, de taille suffisante pour le nombre de géloses que l’on veut y incuber : une simple boite de conserve de grand volume, à fermeture étanche (type fermeture de Nescafé) convient ; un sceau à peinture bien nettoyé fera aussi l’affaire,
- un petit bouchon (5 à 10 mm de diamètre) en caoutchouc ou en liège,
- quelques feuilles de papier buvard ou, mieux, quelques chiffons de taille telle qu’ils puissent tapisser le fond de la boite,
- une bougie avec une cupule dans la quelle on la fixe avec quelques gouttes de cire ou, probablement mieux, une lampe à huile [1].

- On perce dans le couvercle un trou pouvant être bouché par le bouchon,
- on tapisse le fond de la boite avec les buvards ou les chiffons ; on les imbibe largement d’eau,
- on ferme la boite en mettant le bouchon en place,
- on porte le tout à l’étuve.

Utilisation

Lorsqu’on a ensemencé les géloses que l’on veut incuber dans la jarre :
- on sort la jarre de l’étuve,
- on ôte le bouchon,
- on place dans la jarre les géloses en les répartissant à peu prêt régulièrement,
- on allume la bougie ou la lampe à huile,
- on pose la bougie où la lampe à huile sur les boites,
- on referme le couvercle,
- après 2 à 5 mn on regarde par le trou si la bougie est bien éteinte,
- on remet le bouchon en place,
- on remet immédiatement (pour qu’elle ne se refroidisse pas) la jarre dans l’étuve.

Remarques et explications

Une flamme s’éteint lorsqu’elle est environnée de 5 % de CO2... mais elle s’éteint aussi par manque d’oxygène et ceci avant qu’il y ait 5 % de CO2 !
C’est pour éviter cette extinction précoce par manque d’oxygène et qui empêcherait d’atteindre les 5 % qu’on a percé un trou dans le couvercle et qu’on le laisse ouvert tant que la bougie ne s’est pas éteinte.

il est indispensable de garnir le fond de la boite d’une épaisse couche de tissus ou de papier absorbant, largement humidifié pour garantir l’indispensable saturation d’humidité (surtout pour les gonocoques et méningocoques). L’humidité doit ruisseler sur les parois.
Il est préférable de changer cet humidificateur chaque jour. Le plus simple, si on utilise des chiffons est d’en avoir deux jeux : le matin, quant on sort les géloses pour les examiner, on enlève les chiffons qu’on envoie au nettoyage, et on en met des propres qu’on imbibe d’eau. Le lendemain on remettra ceux qui ont été nettoyés (qu’ils soient secs ou non !)

Certaines bougies semblent émettre des gaz toxiques. A notre connaissance, il n’y a pas de réponse systématique à ce problème. Seuls des essais des différentes bougies dont on peut disposer permettront de choisir les meilleures (par exemple en testant leurs performances avec une culture de gonocoque). L’avantage d’une lampe à huile est qu’il y a peu de risque de gaz toxique avec des huiles alimentaires.

Cette "jarre à bougie", extrêmement simple, contiendra toujours environ 5 % de CO2 si elle est étanche, quelle que soit sa taille, puisque c’est cette concentration même qui éteint la bougie !
Ce n’est pas la cas lorsqu’on emploie des sachets générateurs de CO2 puisqu’il faut que le rapport quantité de CO2 généré par le sachet/taille de la boite soit toujours parfaitement respecté si non, trop grande il n’y aura pas 5 %, trop petite il y en aura plus. Ces systèmes de sachets ont un coût non négligeable (environ 1 Euro le sachet par conditionnement de 10 ou 20), prix auquel il faut ajouter celui des indicateurs colorés (0,2 Euro la bandelette) (prix 2010).
Idem, lorsqu’on utilise des étuves à CO2, hermétiques, et alimentées par des bouteilles de mélanges gazeux et un système d’automatisation, il y a toujours un risque de panne... sans compter le coût de ces étuves (et le fait qu’elles ne sont pas toujours saturées d’humidité

ATTENTION ! Certains tests ne doivent pas être effectués dans une enceinte à CO2, en particulier :
- les exigences en facteurs X et V des Haemophilus changent dans ces conditions,
-  l’aspect des hémolyses peut être complétement différent de la culture en air ambiant.


notes

[1Si on n’a pas de lampe à huile on coupe une rondelle de bouchon en liège, on la perce en son centre et dans ce trou on installe une tresse de fibres pour faire une mèche. On met un peu d’huile alimentaire dans une coupelle ou autre petit récipient de quelques centimètre de diamètre et 1 à 2 cm de haut. On pose la rondelle de bouchon garnie de sa mèche sur l’huile. Quant la mèche aura été imbibée d’huile par capillarité, on pourra l’allumer.

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