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>>Maintenance des équipements de biologie

17 octobre 2010
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Niveau de mise à jour : 5

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I - Définition de la maintenance

La norme NF X60-010 précise les différentes définitions relatives à la maintenance :

"ensemble des actions permettant de maintenir ou de rétablir un bien dans un état spécifié ou en mesure d’assurer un service déterminé".

Le concept de maintenance en biologie doit intégrer les trois éléments nécessaires à la production de l’activité : appareillage, réactifs et consommables ; et il est convenu de distinguer l’entretien qui cherche à garantir le maintien des performances, et le dépannage :

- la maintenance préventive qui qualifie "la maintenance effectuée selon des critères prédéterminés, dans l’intention de réduire la probabilité de défaillance d’un bien, ou la dégradation d’un service rendu". Dans ce cadre, on distingue deux aspects :

  • interventions réalisées selon un calendrier régulier (temps ou unités d’usages) : c’est la [*maintenance systématique*] ;
  • interventions réalisées en fonctions d’un événement défini préalablement et révélateur de l’état de dégradation du bien (information d’un capteur, mesure d’une usure...) : il s’agit de la [*maintenance conditionnelle*] ; l’absence de maintenance préventive va conduire à une dégradation des performances, à un abandon progressif de l’équipement, et à des surcoûts importants pour la remise en état.

- la maintenance corrective qui est effectuée après défaillance du matériel.

La distinction entre maintenance préventive et corrective repose sur le fait que la première est prévue et doit être planifiée, alors que la deuxième, comme la panne, est aléatoire.

Pour tout équipement, un plan de maintenance doit spécifier les différentes opérations de maintenance préventive, systématique ou conditionnelle, ainsi que pour ces dernières les indicateurs en fonction desquelles seront ajustées les fréquences d’intervention. L’élaboration de ce document doit prendre en compte :
- l’ensemble des opérations de maintenance préventive, c’est-à-dire celles relevant d’une véritable intervention technique (contrôle mécanique, ajustement électronique...), réalisées par un technicien soit biomédical soit de l’industrie, et celles qui relèvent de l’utilisateur responsable du matériel (entretien quotidien, contrôle systématique de capteurs...) réalisées par les techniciens de laboratoire ;
- une nécessaire évolutivité des actions prévues : il faut périodiquement (typiquement une fois par an) ajuster les opérations préventives en fonction du suivi constaté de la machine dans son environnement. Cet ajustement sera ainsi envisagé en fonction de la prise en main de l’équipement par les utilisateurs, de la constatation réelle des défauts techniques les plus fréquents, du taux d’utilisation réel de la machine, de son vieillissement constaté ;
- l’objectif permanent de ce plan doit toujours être l’obtention du "zéro défaut", c’est-à-dire l’absence de panne nécessitant le recours à la maintenance curative.

En somme, si on résume les conditions d’installation et d’exploitation d’un équipement dans un laboratoire on peut distinguer trois phases :

- Phase d’installation :

  • étude préalable des contraintes d’environnement ;
  • formation préliminaire, sur place ou chez le fournisseur (stage) ;
  • étape de familiarisation

- Phase d’intervention :

  • accès à la connaissance ; étude des performances (validation des techniques, étude des composantes instrumentales.
  • mise en place de procédures d’utilisation ;
  • mise en place d’indicateurs de surveillance (contrôle de qualité)
  • mise en place d’un carnet de bord

- Phase de contrôle et maîtrise du système :

  • allégement des procédures d’utilisation ;
  • affinement des indicateurs de surveillance, pour leur donner une fonction prévisionnelle.

II- Adaptation aux pays en développement

La maintenance est une réelle difficulté pour les services médicaux techniques des pays en développement.

1. La maintenance préventive est prépondérante En effet, bien souvent dans ces pays, il y a encore peu de distributeurs et encore moins de réparateurs, même dans les capitales. et les interventions curatives sont souvent difficiles voire impossible à obtenir. Il faut souvent plusieurs jours pour que vienne sur place le réparateur le plus proche, qui peut venir d’un pays voisin.

2. L’aide que BSF peut leur apporter pour la mise en place d’un équipement, l’accès à la connaissance, la systématisation (autant que faire se peut) de procédures de maintenance préventives est prépondérante. Il y a quelques années les techniciens, en particulier pour l’Afrique, qui sont très habiles, effectuaient beaucoup de dosages avec des techniques et des matériels simples (balance, verrerie, distillateur d’eau, microscope et cellules de comptage, spectrophotomètre etc...).

Maintenant que de nombreuses personnes sont venues en stage dans nos pays où l’industrie est développée et qu’elles ont vu nos appareils automatiques dans nos grands hôpitaux, il apparait que leur désir est d’acquérir tout de suite des automates même si leurs nombre de dosages n’est pas très important, mais sans avoir sur place l’appui de techniciens d’entretien et de biomédicaux.

C’est pourquoi, l’aide apportée à la mise en route des équipements, la définition et la mise en place des procédures d’utilisation, etc. est essentielle ; la transmission de l’expérience des missionnaires de BSF peut être très bénéfique.

Il convient aussi d’inciter les techniciens à s’efforcer d’effectuer leurs petites réparations eux mêmes (contrôle de circuit électrique, nettoyage des contacts, petites soudures...)

3. Le meilleur appareil ou automate à acquérir apparait être celui qui a des représentants et des réparateurs proches du laboratoire. C’est pourquoi le préalable à l’envoi de matériel par BSF est bien de s’assurer qu’il existe un SAV satisfaisant et un distributeur fiable de réactifs et consommables à proximité du bénéficiaire. Par exemple il ne sert à rien d’envoyer en Afrique des automates à hémogramme d’une Société qui apparait s’être retirée presque totalement du continent africain. Pour connaitre les possibilités de SAV et d’approvisionnement en réactifs dans un pays donné et pour un automate donné, il convient de s’informer au préalable à un achat, auprès du distributeur (ou du fabricant) qui donnera des renseignements. BSF s’efforce d’ailleurs de tenir à jour des listes de fournisseurs et réparateurs par pays.

On peut ajouter que la possibilité pour le site bénéficiaire d’accéder facilement et rapidement à une messagerie électronique contribue à la qualité d’un SAV.

4. Il faut que les techniciens sur place prennent bien conscience qu’un appareil même très récent, peut avoir des pannes et qu’il en a d’autant plus que l’entretien est un peu négligé d’une part, désirant sauter le stade manuel de séries un peu longues, ces techniciens du pays réalisent probablement moins les obligations strictes de rinçages de réglages et de contrôles des automates ; d’autre part il convient de les inciter à bien profiter de "l’enseignement pratique" fait par le réparateur venant sur place, en leur rappelant que le bon entretien de tous les appareils mis sur les paillasses dépend d’eux en premier.

5. Lorsqu’un laboratoire a les moyens d’avoir plusieurs équipements pour la même activité, il est préférable de les choisir à peu près identique et de la même marque pour en faciliter l’exploitation (même formation) et la maintenance.

En conclusion, les mots clés sont : FORMATION, MAINTENANCE PREVENTIVE

(Mise en ligne : Y. Gille le 17/10/10)


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